Pourquoi l'Arabie Saoudite porte-t-elle le code 8 en France, et un numéro totalement différent à Berlin ou à Londres ? Parce que ce ne sont pas les pays qui choisissent leur code : c'est l'État hôte qui l'attribue. Décryptage des autorités derrière les plaques.
En France : le service du protocole du Quai d'Orsay
En France, c'est le service du Protocole du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères (le « Quai d'Orsay ») qui gère l'attribution des codes pays et la délivrance des plaques vertes. Chaque mission diplomatique ou consulaire se voit attribuer un code numérique au moment de son installation. Ce numéro reste stable dans le temps, ce qui explique que certains codes bas (comme 1 ou 6) correspondent à des missions historiques. La liste complète est consultable dans notre tableau des codes diplomatiques français.
Au Royaume-Uni : le FCDO et la DVLA
Outre-Manche, l'attribution relève du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO), qui tient la liste diplomatique, tandis que la DVLA(l'équivalent de l'administration des immatriculations) gère l'émission matérielle des plaques jaunes. Le système actuel, avec son format à trois chiffres suivi de la lettre D ou X, date de 1979 — une histoire que nous racontons dans notre article dédié.
En Allemagne : l'Auswärtiges Amt
En Allemagne, c'est l'Auswärtiges Amt (le ministère fédéral des Affaires étrangères) qui attribue les Landeskennzahlen, les codes pays inscrits après le 0 du corps diplomatique. La gestion locale des immatriculations est ensuite assurée par les autorités du Land concerné, ce qui explique la présence de codes ville comme B (Berlin) ou BN (Bonn). Le détail figure dans notre guide de lecture allemand.
Pourquoi les codes diffèrent d'un pays à l'autre
Chaque État établit sa propre numérotation, en général selon l'ordre d'établissement des relations diplomatiquesou par ordre alphabétique à un moment donné de l'histoire. Il n'existe aucune norme internationaleimposant un code unique par pays. C'est pourquoi vouloir transposer un code français en Allemagne est l'erreur la plus fréquente — un piège que détaille notre comparatif européen.
Et les organisations internationales ?
Les organisations internationales (ONU, UNESCO, OTAN…) reçoivent des codes issus de plages réservées, distinctes de celles des États — par exemple les codes à partir de 400 en France. L'attribution suit la signature d'un accord de siège avec l'État hôte. Nous y consacrons un article complet.
Une logique commune malgré les différences
Au-delà des particularités nationales, un principe est partagé : l'État accréditaire reste maître de l'attributionet peut retirer une plaque à tout moment, notamment en fin de mission. C'est ce qui se passe quand un véhicule sort du circuit diplomatique, comme expliqué dans notre article sur la fin de mission.